3ème Table ronde France–Italie des Entreprises et de l’Innovation

Renforcer les synergies entre nos deux nations pour dynamiser l'innovation et la compétitivité européenne.

Le 11 décembre 2025, au siège de l’European Space Agency à Paris, s’est tenue la 3ᵉ Table ronde France–Italie des Entreprises et de l’Innovation, organisée par l’IREFI – Institut pour les Relations Économiques France-Italie, consacrée à la collaboration franco-italienne dans l’énergie, les transports, la défense et l’aérospatiale.

L’événement a été ouvert par Simonetta Cheli, Director of ESA Earth Observation Programmes and Head of ESRIN et Fabrizio Maria Romano, Président d’IREFI, avec une introduction d’Orianne Chenain, Cheffe du Service de la Compétitivité, de l’Innovation et du Développement des Entreprises de la DGE. Y ont participé, en présentiel ou à distance, des représentants d’entreprises telles qu’ Aeroporti di Roma, Airbus, Bpifrance, Capgemini, Edison, Eni, ELT Group, FINCANTIERI, France Digitale, InnovUp, Orange Business, SiPearl, STMicroelectronics, Thales Alenia Space, Trenitalia et TELT Lyon Turin.

La session a également marqué le lancement de la deuxième édition du Call4Ideas Super Sapiens Europe, organisé par Scientifica VC et l’IREFI pour soutenir un écosystème d’innovation partagé entre les deux pays.

À cette occasion, Nicolas Guilbert, Président du CSI, accompagné de Ghislain Maingaud, Délégué Général du CSI, est intervenu sur la question démographique et sur la place de la jeunesse dans les stratégies d’innovation et de souveraineté.

En Italie, la tendance est particulièrement marquée :
– 11 millions de personnes âgées de 15 à 49 ans aujourd’hui, contre 14 millions en 2011.
– À horizon 2050, on comptera près de 300 personnes de plus de 65 ans pour 100 jeunes de 15 à 34 ans (contre 200 pour 100 en 2024, et 31 pour 100 en 1951).

En France, la situation est différente mais tout aussi structurante : les jeunes ne disparaissent pas, mais ils deviennent plus rares. Selon les estimations, en 2070, près de 30 % de la population française aura plus de 65 ans. La pyramide des âges connaît ainsi une inversion inédite.

Dans ce contexte, la jeunesse devient un enjeu stratégique pour les entreprises européennes, tant pour l’innovation et la compétitivité que pour la souveraineté technologique.

Si l’Italie occupe une position de leader dans certaines technologies clés, notamment dans les domaines du quantique et des semi-conducteurs, elle reste en retrait sur l’intelligence artificielle :
– seules 8,2 % des entreprises italiennes ont adopté l’intelligence artificielle ;
– l’écosystème de start-up demeure sous-dimensionné (9 licornes) ;
– seulement 1,5 % des diplômés sont spécialisés dans les nouvelles technologies, ce qui place le pays au 25ᵉ rang européen.

La France n’est pas exempte de fragilités. Malgré un écosystème entrepreneurial dynamique, le passage au stade de scale-up reste difficile dans les deux pays. Fragmentation des marchés, accès limité aux financements de croissance, faiblesse des commandes industrielles et publiques : de nombreuses start-up peinent encore à changer d’échelle et se tournent vers des marchés hors d’Europe.

Dans ce contexte, Nicolas Guilbert a proposé la création d’un programme d’échanges franco-italien destiné aux jeunes talents. Ce programme, envisagé avec l’IREFI, viserait à identifier des profils à fort tropisme franco-italien, à les mettre en relation avec des partenaires industriels, institutionnels et des investisseurs, et à favoriser l’émergence d’une génération de passeurs entre les deux écosystèmes.

Cette initiative s’inscrit pleinement dans l’esprit du Traité du Quirinal, dont la jeunesse constitue l’un des piliers. À l’heure où l’Europe doit affirmer sa souveraineté, l’enjeu n’est pas seulement de renforcer la coopération entre les deux pays, mais de faire émerger un réflexe franco-italien durable, incarné par une nouvelle génération de décideurs.